Sur l’absence d’esprit critique concernant les sujets « scientifiques » dans Salut les Terriens.

À l’attention de Monsieur Thierry Ardisson,

Le samedi 25 mars 2017, vous avez reçu Nicolas Fraisse et Sylvie Dethiollaz.

Durant cette séquence, on a entendu que des expériences scientifiques avaient été réalisées qui démontreraient la capacité de Nicolas Fraisse à sortir de son corps à volonté. On a appris qu’il pouvait également lire dans les pensées. Cette capacité aurait été attestée scientifiquement par Madame Dethiollaz au sein de l’Institut des Sciences Noétiques. Il s’agit d’un sujet intéressant, et c’est une excellente chose qu’il soit abordé sous l’angle scientifique. Toutefois cette séquence télévisée pose un certain nombre de problèmes.

Les faits rapportés sur votre plateau n’ont pas fait l’objet d’une publication dans une revue à comité de lecture, ce qui est pourtant le seul moyen de valider ces résultats. Dans ce contexte le titre de docteur en biologie moléculaire de Madame Dethiollaz ressemble à un argument d’autorité puisqu’elle n’a publié aucun travail scientifique en lien avec des phénomènes approchant les aptitudes présumées de Monsieur Fraisse. Le protocole et les résultats évoqués dans votre émission sont trouvables (difficilement) sur le Bulletin de Psychophysique de décembre 2013. Ce bulletin n’est pas une revue de recherche.

Les résultats qui y sont décrits défient une explication rationnelle mobilisant les connaissances établies (hormis celle de la fraude pure et simple). La validation de ces allégations ne peut passer que par la réplication de l’expérience (le principe de réplication des expériences aux résultats surprenants est la règle dans tous les domaines de la science). Or, depuis décembre 2013, une telle réplication ne semble pas avoir été entreprise. Nous pensons que toute médiatisation de ces résultats avant une validation scientifique est peu déontologique, et que le respect du public exige un rappel scrupuleux de ce contexte.

Il faut donc constater que Monsieur Fraisse et Madame Dethiollaz sont surtout venus sur votre plateau pour vendre un livre aux éditions Trédaniel, éditeur connu pour publier des ouvrages prétendant délivrer des vérités en dehors de toute espèce de méthode de validation des connaissances (comme la psychologie quantique, le reiki, l’astrologie, etc.). Il s’agit d’un ouvrage que l’on peut a minima soupçonner fortement d’être pseudoscientifique.

Pour illustrer la faiblesse scientifique de l’échange sur votre plateau, notons ceci. Il a été mentionné que le corps de Nicolas Fraisse perdrait 45g lorsque celui-ci fait une OBE. Cette variation de masse n’a été observée qu’une seule fois par Mme Dethiollaz, ce qui n’autoriserait aucun scientifique consciencieux à le mentionner publiquement. Vos invités et vous-même avez comparé cela à l’idée que l’âme humaine pèserait 21g. Or, il s’agit d’une croyance fondée sur les résultats fantaisistes du docteur McDougall comme vous pourrez le voir en consultant cet article. Ce détail montre assez qu’il manquait sur votre plateau un intervenant capable d’apporter une contradiction méthodique et un rappel de l’état de l’art des connaissances scientifiques.

Nous regrettons que personne à l’antenne n’ait questionné ni douté ne serait-ce qu’un peu des allégations présentées sur votre plateau, allégations qui s’accompagnent partout d’implicites accusations envers la communauté scientifique, injustement soupçonnée de refuser de s’intéresser à la question du paranormal, voire de tout faire pour empêcher la révélation de l’existence de phénomènes de ce type.

La partie de votre public qui s’intéresse au paranormal mérite d’être informée sur la manière dont on peut produire des connaissances sur ces questions, et sur ce que la science nous permet d’ores et déjà de savoir. Tout en respectant votre droit à inviter qui bon vous semble, nous insistons sur le besoin  de ne pas laisser sans contextualisation les prétentions qui touchent à des domaines où la parole scientifique est paradoxalement beaucoup moins entendue que les témoignages de ceux qui veulent croire à l’existence de phénomènes non prouvés.

 

L’ASTEC est préoccupée par la complaisance des médias pour les récits certes séduisants et fascinants, mais largement discutables quand ils ne sont pas purement absurdes. Nous nous sommes exprimés sur ce sujet dans une lettre ouverte adressée aux médiateurs de l’Audiovisuel public. Nous pensons qu’il est dans l’intérêt de votre public et de votre antenne de donner plus de place à l’esprit critique et à la pensée méthodique, seul remède connu contre l’enfermement idéologique et l’escalade de la croyance.

 

 

Nous espérons que vous tiendrez compte de ce courrier dans la préparation de vos futures émissions.

Bien cordialement,

L’Association pour la Science et la Transmission de l’Esprit Critique.

 

57 commentaires sur “Sur l’absence d’esprit critique concernant les sujets « scientifiques » dans Salut les Terriens.

  1. Je trouve restrictive votre réaction qui rappel le fait que l’on ai pas le droit de faire connaître des expériences scientifiques qui en sont à un stade très peu avancé il est vrai. Moi je trouve intéressant que l’on en soit informé que des chercheurs s’intéressent à ce phénomène. Cette émission n’est pas un débat, cet interview m’a interpellé ce qui est loin d’être le cas dans beaucoup d’émissions qui ressemblent plus à des jugements à charge.

    1. Le problème est qu’ici on présente comme « chercheur » des gens qui ne se plient pas aux règles de la publication scientifique.

      1. A l’attention de « Acemerdax »
        Pour que votre critique soit valide, il faut, au moins, avoir lu leurs livres, c’est le minimum d’un point de vue déontologique !!
        Si cela eût été le cas, vous auriez eu la réponse à vos questions pages 171 à 219, chapitre « LA SCIENCE FACE AUX E.M.C. »
        Dans l’ouvrage « ETATS MODIFIES DE CONSCIENCE, N.D.E., O.B.E., et autres expériences aux frontières de l’esprit »
        Au lieu d’écrire, d’une manière assez prétentieuse, à Thierry ARDISSON, commencez donc par potassez leurs livres !!
        Et ça c’est la base de toutes critiques fondées…
        Salutations

        1. Quelle réponse est-on censé trouver dans les pages d’un livre qu’il nous faudrait acheter ?

          Rappel : le libre partage des protocoles et des résultats est l’un des piliers de l’éthique scientifique.
          Cordialement

          1. Je suis d’accord avec vous JMN, c’est tout simplement du bon sens, il critique mais ne connait pas son sujet. Les préjugés, le manque de documentations, de recherche sur le sujet sont consternant !!!…
            Le manque de reflexion, la vanité et l’orgueuil (il parle de lui en disant « nous » MDR) se ressent a travers ses écrits « pompeux » et vide d’intelligence.ils utilise de grands mots pour paraitre savant, et pourtant…
            BRAVO !! Vous avez bien fait de lui « river son clou » a ce pédant vaniteux…

          2. Une femme va faire son jogging tout les jours dans un parc voisin de chez elle. Un jour elle se fait violée.
            Mais puisque ce n’est pas reproductible à chaque fois ça veut dire que ça n’existe pas ?
            que son témoignage n’est pas recevable ? C’est débile ce raisonnement de matheux… faut surtout pas donner du pouvoir à des gens comme ça !!
            Essayez l’auto-critique c’est pas mal aussi… (au fait comment Ardisson a réagi ?? ça a du l’ébranler votre courrier…)

      2. Le fond de commerce d’Ardisson, c’est de faire le buzz, le sujet il s’en fout !!!
        Si a la fin de l’émission il y a une pétition pour et une autre contre, il est ravi.
        Et vous vous êtes tombé dans le panneau comme des balourds !!!…
        Pour des scientifiques critiques, vous n’êtes pas très fute-fute.

  2. ACERMENDAX, si vous aviez connu cette expérience, comme des millions d’autres personnes le font dans le monde entier, vous ne douteriez pas un instant des affirmations de M. Fraisse et des recherches scientifiques de Mme Dethiollaz et M. Fourrier, qui ont examiné N. Fraisse pendant 10 ans ! Les sorties du corps sont des phénomènes qui existent bien, , et non, cela n’est pas purement absurde ! Dès qu’il s’agit de remettre en cause le paradigme scientifique matérialiste actuel qui se fonde sur l’existence de la conscience produite par le cerveau, ce qui est faux, cela devient compliqué …. et pourtant c’est ce vers quoi notre monde s’oriente enfin ; ne confondons pas scientisme et vécu personnel. La science n’explique pas tout, mais peut juste constater.

    1.  » La science n’explique pas tout  » Est-ce un argument ? : http://menace-theoriste.fr/science-a-ses-limites/

      Non seulement il est légitime de douter des allégations, mais il est important de leur apporter la contradiction quand ils disent des choses fausses sur ce qui serait d’ores et déjà prouvé scientifiquement. Si la science n’explique pas tout, veuillez m’expliquer l’utilisation d’un vocabulaire calqué sur celui de la science dans leur communication.

    2. Pour ma part j’ai écouté cette émission et vu d’autres vidéo ou article sur Nicolas Fraisse. Je trouve ça très intéressant et je constate qu’il y a compatibilité entre ces expérience et certains traits de la phénoménologie quantique. Mais concernant le rapport entre les 2, je m’arrête là : je ne saurais affirmer plus, et me contenterais simplement de suppositions… Ainsi, je suis à chaque fois surpris en voyant les différents sujets sur M. Fraisse de la façon dont ils interprètent automatiquement ces phénomènes comme une invalidation du fait que la conscience soit produite par le cerveau. Tout d’abord il ne me semble pas que les dites science posent pareil affirmations. Ensuite, quand bien même elle le suggèreraient (ce qui est assez vraie finalement car c’est la lecture courante qui est faite de ces divers résultats scientifique) il ne me semble pas qu’il y ait incompatibilité. En effet, il me semble que les expériences vécue par M. Fraisse n’entrent pas en contradiction avec l’hypothèse (collectivement admise) consistant à considérer qu’une conscience soit produite par un cerveau. Je veux dire : ce n’est pas parce que ma conscience peut sortir de mon corps que j’en conclue que celle-ci n’est pas produite par ce dernier, sinon co-produite avec lui ; et donc ontologiquement et factuellement inséparable de lui.
      Par exemple je pense personnellement que tout phénomène matériel est attaché à un phénomène « immatériel » et inversement. Je ne considère pas que mon corps est le simple réceptacle (inerte) de mon âme ou de ma conscience. Je suis plutôt enclin à penser que mon corps et mon âme ne peuvent exister l’un sans l’autre. Aucun n’est un réceptacle pour l’autre ou en est totalement indépendant ontologiquement. Âme et corps seraient plutôt à voir comme les 2 faces d’une même médaille. Si l’une disparait et c’est que l’autre disparait aussi…
      Ainsi pour illustrer cette conception et rejoindre un peu des propos sur la mort tenus par M. Fraisse… quand une personne, disons M. Dupont, meurt, le corps de cette personne cesse de fonctionner. Cela signifie que l’objet matériel M. Dupont n’existe plus. En revanche il subsiste ses organes et ses cellules, en tant qu’objets matériel en fonctionnement. Puisque le corps de M. Dupont n’existe plus, son âme n’existe plus également. Oui j’affirme que son corps n’existe plus. Car le corps de M. Dupont ce n’est pas simplement l’amoncellement de cellules qui le constitue : c’est la mise en musique de ses composants. Quand M. Dupont meurt, ses fonctions vitales cesse de fonctionner et donc ce que l’on considéraient comme un corps humain n’est plus qu’un assemblage de cellules qui ne fonctionnent plus ensemble. Faut-il appeler ça un corps humain ou un tas de cellules ? L’unité fonctionnelle, « l’organisme », est perdue. Le corps est perdue, et l’âme de ce corps se perd également. Cependant, certains organes continuent d’être actifs pendant un temps ainsi que la plupart des cellules. Alors ? Je suis ma logique : il y a donc des âmes qui subsistent : les âmes de ces organes et les âmes de ces cellules. Le corps-foie vit encore quelques temps et son âme aussi. Puis vient le moment où ce corps-foie cesse de fonctionner (en tant qu’ensemble). Alors le corps-foie et l’âme-foie meurent (le foie meurt). Mais les cellules de ce foie restent encore actives individuellement. Les corps-cellules et les âmes-cellules correspondantes continuent d’exister. M. Dupont corps et âme est quand à lui mort depuis plusieurs heures… M. Dupont était un corps constitué d’une multiplicité de corps mis en musique. De même était l’âme de M. Dupont : une multiplicité d’âmes mises en musique. Quand le corps et l’âme de monsieur Dupont meurent cela n’implique pas que les « sous-corps » qui le composent cessent immédiatement d’exister.
      Ainsi, passé ce présentation d’une façon de voir les choses… je trouve donc absurde qu’à partir de l’existence de décorporation, on conclu de la que le corps ne produit pas l’âme mais n’en serait qu’un réceptacle. Comme si les âme existaient indépendamment et étaient déposée dans tel ou tel corps. Je ne le pense pas personnellement. Je m’y oppose même assez farouchement. Car on peut tout à fait considérer que corps et âme se coproduisent, il suffit de considérer que corps et âme sont 2 faces d’une même pièce. Ainsi ces expériences ne remettent à mon sens pas du tout en cause les travaux scientifiques conventionnels qui sont menés en rapport avec la conscience (science cognitives, neurosciences…), car je ne vois pas forcément de contradiction entre les 2. Ils apportent simplement des informations complémentaires. Pour ceux qui persisteraient à penser que la décorporation implique l’idée que l’âme puisse se séparer du corps (dans le sens d’en être rendue indépendante) et que donc âme et corps sont 2 choses bien distinctes (mais simplement « apposée » l’une à l’autre) je les invite à s’intéresser (méthodologiquement svp) au phénomène d’intrication quantique qui décrit des situations ou 2 entités sont en relations sans être spatialement réunies. Cela pour moi ouvre un espace de possibilité dans lequel la décorporation devient envisageable sans violer les faits matériels/scientifiques. Je conçois en effet tout à fait que ce que M. Fraisse vit comme une « décorporation », à savoir une « sortie » du corps, soit plutôt en fait une mise en relation de M. Fraisse avec un ailleurs. Ce n’est pas que l’âme de M. Fraisse sorte spatialement de son corps, mais plutôt qu’elle se mette en relation avec une réalité située ailleurs spatialement.
      Il me semble donc, pour boucler la boucle, qu’il y a un manque de prudence dans les propos de Mme Dethiollaz qui tire de ces recherche des interprétations trop hâtives et univoques à propos de la conscience. Pourtant je trouve ces recherches absolument intéressantes par ailleurs !

    3. « La science n’explique pas tout, mais peut juste constater. »

      Exactement, et c’est justement ce que ces deux personnes n’ont pas fait. La science a une méthodologie pour constater: expériences reproductibles, groupes témoins etc. Rien de tout cela n’a été fait, on se repose uniquement sur la parole de Mme Dethiollaz qui a un bouquin à vendre.

  3. Cela paraitrait-il sérieux qu’une véritable revue scientifique (ou même des scientifiques apportant la contradiction) s’intéresse(nt) à Nicolas Fraisse ou aux travaux de Mme Déthiollaz et M. Fourier ?

    1. Si l’expérience suis un protocole scientifique répliquable et menés de façon sérieuse et transparente tout est possible. Les scientifiques ne sont pas les gardiens d’un dogme, ils aiment qu’on leur proposent de quoi remettre en question les paradigme actuel.

    2. Oui cela me semble très sérieux. Vous semblez oublier que le fondement de la science est le doute. Le doute constructif : qui teste, essai, mesure, réplique et invalide le cas échéant. Il me semble donc tout à fait que de tels travaux puissent être considéré comme sérieux ou scientifique du moment qu’ils appliquent les principes de la méthode scientifique, qui s’apparent d’ailleurs tout à fait à une enquête. Sur un fait supposé on va enquêter et tenter de réunir des preuves pour valider ou invalider cette hypothèse et si on ne parvient pas à réunir des preuve, on conclu qu’on ne peut pas statuer… Une question est posée : pourquoi ne pas faire appel à la méthodologie scientifique pour tenter d’y apporter quelques éléments de réponse ?
      Le doute est au fondement de la science. Une science qui ne doute pas d’elle-même, de ses propres théories, n’est plus une science.
      Je donc bien d’accord : « Les scientifiques ne sont pas les gardiens d’un dogme »

    1. Pour essayer de vous réconcilier avec cet article. Ce qu’ils réfutent, ce n’est pas la réalité de ce que vit M. Fraisse. Mais la présentation très (trop) scientifique qui est faite des travaux de Mme Dethiollaz.
      D’ailleurs, même si elle manque peut-être un peu de prudence sur les interprétations… en ce qui concerne le volet purement scientifique, celle-ci est bien consciente des limites de ses travaux en l’état actuel et qu’ils méritent d’être reproduits ailleurs et plusieurs fois pour qu’une vérité scientifiquement admise émerge. D’ailleurs ce que dirait la science en pareil cas c’est probablement quelque chose comme : « certains être humains possèdent quelques capacités leur permettant d’acquérir des informations sur des situation auxquelles ils n’ont pas accès avec les sens habituel connus : toucher, vue etc… ». La science ne pourra donc pas conclure au-delà, notamment sur la nature de l’âme ou de la conscience, mais simplement apporter des éléments qui disent : de telles capacité existent que la conscience humaine vit et éprouve (car M. Fraisse éprouve ces choses, et c’est bien lui qui – en conscience – les rapporte). Si vous voulez pousser plus loin l’interprétation quand à la nature de la conscience ou de l’âme, la science ne saurait alors vous y interdire. Elle vous dira, simplement : « c’est possible, mais ce n’est pas la science qui sait le prouver ».

      1. Je remarque d’ailleurs que en général les gens les plus sceptiques, qui réagissent de façon le plus épidermiquement, ne sont souvent pas des scientifiques. Beaucoup de scientifiques sur ces sujets se contentent simplement de dire : « Ceci est, ou n’est pas, démontré scientifiquement. Quant aux interprétation qu’il faut en tirer au sujet de l’âme… pourquoi pas, je ne sais pas, libre à chacun… ça ne me choque pas spécialement… je sais juste que la science ne sais pas trancher la question »

  4. On ne peut pas empêcher les gens de gober ce qui bon leur semble ! Le don du gars est plutôt amusant, inoffensif et, somme toute, anecdotique.

      1. Il n’y a pas non-plus de science inoffensive. Nan mais sérieux… vous me faite rire. Ce type de position méprisante pour les croyances me consterne (cf le terme « gober », « amusant », « anecdotique »). Pourtant je baigne dans les sciences…

        J’ai une question pour vous – mise en situation : vous effectuez des tests psychomoteurs sur un individu : vous mesurez l’activité électrique d’un cerveau et en récoltez une série de données de différentes natures : potentiels d’action, situation « géographique » de ces potentiels, réactions émotives de l’individu (spasmes sourire, sourcils froncés…), réponses à des test cognitifs et leur analyse (correlations statistiques, vrai/faux, réussites/erreurs…) etc. Tout cela vous permet d’établir une série de correspondances entre ce qui se passe dans le cerveau du patient et les actions qu’il réalise (lecture, calcul, pensée pour sa défunte maman…). Cela vous permet de comprendre comment telle activité est générée par le cerveau. Mais est-ce que cela vous donne une connaissance sur ce que ressent le patient ? Ce qu’il vit ?

        Pour cela vous n’aurez d’autre choix que de l’interroger après l’expérience. Vous mettrez alors ses réponses en correspondance avec votre propre vécu. Vous n’avez pas le choix… ce qu’il vous décrit ne peut pas être compris réellement pour ce que c’est (des émotions et des ressentis) et n’a aucune espèce de signification si vous même ne l’avez pas déjà ressenti peu ou prou un jour. En gros la science est impuissante pour à faire comprendre ce qu’est un ressenti, car pour en comprendre la réalité, il faut l’avoir soit-même vécu. Donc on est obligé de passer par un canal subjectif (vous-même en tant qu’expérimentateur) pour comprendre cette réalité dont vous recueillez la description.

        La science n’accédera jamais à elle seule aux réalités que sont les sensation perçue et ressenties par les individus. Pour cela, vous n’aurez d’autre choix que de « gober » ce qu’on vous dit. Jusqu’au jour ou vous vivrez la chose. Et vous pleurerez que les autres ne vous croient pas. On ne vous demande pas de croire, vous êtes libres…

        Pour ce qui est de la scientificité de ces travaux, c’est autre chose. Je suis d’accord que le niveau de scientificité est encore trop insuffisant. Cela ne veut pas dire que je ne croit pas qu’il se passe quelque chose avec M. Fraisse. De ça je n’en suis pas sûr. Mais des expériences réalisées avec huissier me font dire : « tiens, je vais suivre cela à l’avenir et voir ce que ça devient… », je ne rejette ni ne « gobe ». J’y accorde la part de doute positif que méritent ces travaux méritent. Et s’ils font flop à l’avenir j’en prendrai acte. Une posture assez scientifique finalement.

  5. Si le gars avait vraiment « ce don », il aurait pas besoin de vendre son bouquin pour faire fortune 😉 d’autre part, je pense que si ce « phenomene » existait bel et bien, il y a longtemps que les militaires s’y serait interresse vu l’avantage que cela donnerait a leur soldats 😉

  6. Bonjour,
    Je suis une scientifique de formation (ingénieur), et absolument cartésienne. Sauf que il y a 1 an et demi, j’ai vécu moi même une sortie hors du corps. Même en l’ayant vécu moi même, j’ai du mal à y croire. Donc je comprends tout à fait votre scepticisme. Je ne peux pas vous prouver scientifiquement que je l’ai vécu, je sais juste que je l’ai vécu.
    Voilà, c’est tout ce que je peux vous dire.

    1. De nombreuses personnes relatent avoir fait l’expérience personnelle de phénomènes dits paranormaux, qui s’expliqueraient où bien par une forme d’hallucination, de mauvaise interprétation ou de construction de faux souvenirs, ou bien par un phénomène objectif authentique qui peut être mal identifié ou encore bel et bien correspondre à leur témoignage. Chacun d’eux pourrait tenir exactement vos propos sans qu’on sache les distinguer les uns des autres.

      Sans même évoquer le simple faux témoignage de personnes désireuses d’attirer l’attention, on constate qu’en présence d’un protocole permettant d’écarter la plupart des biais, les phénomènes ne sont plus observés. Dans le cas des EMI, diverses expériences sur le cerveau montrent qu’on peut reproduire leur phénoménologie par des moyens physico-chimiques.

      Tels sont les faits, et s’ils ne permettent pas de conclure définitivement sur la nature de ces phénomènes, ils permettent en revanche d’évaluer la vraisemblance relative des explications disponibles.

      Cela ne remet pas en cause l’importance que peut revêtir pour vous l’expérience dont vous parlez.

      1. Vous savez, je n’avais jamais entendu parler de ce genre de chose avant que cela ne m’arrive. Pendant des mois je n’en n’ai parlé à personne, je n’avais pas envie qu’on ne me croie pas. Je ne crois pas qu’on puisse avoir envie de faire de faux témoignage ce ce type. Je suis tombée par hasard (en ne cherchant vraiment pas) sur un reportage qui parlait des emi, c’est uniquement grâce à lui que j’ai osé en parler. Autrement j’aurai gardé ça pour moi.

        1. Il faut accepter l’idée que votre cerveau peut vous faire voir des choses qui n’existent pas. Nous sommes tous esclaves de notre propre cerveau. Les effets de différentes drogues montrent bien que parfois le faux peut sembler réel. Et dans certains cas il n’y a même pas besoin de drogue. Je vous invite à lire ce petit strip pour un exemple parmi d’autres http://www.bouletcorp.com/2011/03/17/paranormal-activity/

      2. Bonsoir,

        Bien qu’ayant également effectué, sans le vouloir, une sortie hors de mon corps physique il y a quelques années, je suis très ouvert sur le sujet que je considère comme un domaine de la science qui devrait être étudié à part entière et non être rapidement rangé dans le rayon « farfelu », « surnaturel », « croyance », ce qu’il est aujourd’hui. Pour avoir fait partie d’un petit groupe ayant en commun des expériences similaires, je n’ai pu que constater la difficulté de reproduire « à volonté » ce type de shc.
        Pour autant, je comprend tout à fait les questions que soulève l’article sur la reproductivité de l’expérience et d’un avis extérieur, aussi neutre que possible. Il en est de Nicolas Fraisse comme de Marc Auburn, le fait qu’il évoque quelque chose que bon nombre d’entre-nous a vécu, ne suppose pas la véracité de leurs propos.
        Défendre autre chose, c’est défendre la croyance, mère de toutes les chimères, de toutes les folies.
        Cdt

  7. Il est assez inadmissible que ce type passe partout en ce moment, avec la pseudo-scientifique afin de vanter ces soit-disant dons sous couvert de pseudo-preuves scientifiques. Je l’ai entendu sur RTL aussi.
    J’ai bien rit avec mon fils quand il a expliqué s’être incarner dans le corps d’un oiseau ne sachant pas voler ….
    A noter que lors d’implants de sondes dans le cerveaux, pour traiter des cas d’épilepsie, des patients ont vécu cette sensation de « sortie du corps ». Il s’agit surement d’une réaction étrange peut-être mais juste « chimique » ou électrique.

    Si ce monsieur possède bien ce don, à savoir se déplacer et voir en direct ce qu’il se passe ailleurs, qu’il se soumette à des protocoles sérieux. Mais étrangement, il ne peut pas … il faut être dans de bonnes circonstances, il ne maîtrise pas …. Bref, les mêmes arguments que tous les charlatans.

    1. Mais peut-être que ces gens sont sortis de leurs corps. Que ce soit provoqué par électrode, intervention chimique ou par disposition particulière… je veux dire : si je prends du LSD et que je vit une expérience de type « décorporation » sous l’effet de cette drogue. Sous prétexte que c’est l’effet de la drogue vous serez sûr que ce ne peut pas être une « décorporation » ? Moi je dis : et pourquoi pas ? Un Dé-corporation : « dissociation d’avec le corps » ou(?) « dissociation d’élément du corps entre eux » ? Si plusieurs de mes fonctions cognitives se trouvent dissociées les unes des autres vis-à-vis de leurs interactions habituelles, normales, n’y-a-t-il pas là quelque dissociation de ma conscience ? Puisque ma conscience est la somme de toutes ses fonctions (qui « fonctionnent ensemble »). Soudain je me trouve à voir les choses différemment, je me mets à vivre ma propre conscience différemment. Je prends donc conscience de la réalité d’une façon qui m’étais jusqu’à lors inconnue… Si ma conscience avait un corps strictement délimité et que ce corps était le cerveau… ne puis-je alors pas dire que je fais une « décorporation » lorsque les différentes fonctions cognitives de ce cerveau cesse de fonctionner normalement ? Mon « corps cérébral disloqué » par l’action du LSD…

      Il y a une tendance très moderne et « ultra »rationnaliste à considérer qu’à partir du moment où un phénomène connait une dimension physiquement mesurable/mesurée alors cela cesse d’être de l’ordre de l’extraordinaire, ou, plus simplement cesse d’appartenir au rang des phénomènes de la conscience ou de l’âme… c’est étrange de voir les choses ainsi je trouve. L’un n’est pas incompatible avec l’autre.

      Je suis scientifique de formation et travaille dans le domaine scientifique. Je trouve l’histoire de ce M. Fraisse très intéressante. Sans penser pour autant que les travaux de Mme Dethiollaz soient de haute scientificité… je salut l’effort méthodologique et souhaite que ça porte un jour des fruits constructifs. Et tant pis si ça ne donne rien. On aura bien vite oublié ce M. Fraisse…

  8. Bonjour

    Bien entendu, la télévision, et en particulier celle faite par des gens comme Thierry Ardisson, n’est pas un lieu d’approche scientifique rigoureuse. Elle n’est sans doute simplement pas faite pour cela. En revanche, je pense que l’on peut mettre au crédit des gens qui ont préparé l’émission qu’ils ont lu attentivement le livre de Dethiollaz. Et s’ils l’ont fait, ils ont constaté que ces expériences ont été menées pendant 10 ans, et que leur validation a été réalisée via un protocole expérimental mené sous contrôle d’huissier. Les résultats obtenus lors de ce jeu d’expérimentations ont une chance de 6,9 x 10^28 d’être dus au hasard. Et l’huissier, maître Breitenmoser, connu sur la place de Genève, n’a identifié aucune contrefaçon possible dans le protocole expérimental. Le degré de fiabilité est donc plutôt élevé. Faut-il pour autant renoncer à la reproduction de ces expériences ? Non bien sûr, je suis d’accord avec vous, il est essentiel de le faire ; et plus généralement de faire rentrer dans le périmètre des études scientifiques les phénomènes aujourd’hui non expliqués, en y appliquant tout l’arsenal méthodologique de la science. La difficulté, c’est d’intéresser les jeunes scientifiques à ces sujets, et aussi de les financer. Aujourd’hui, faute de financements, et à cause du risque de mettre en danger sa carrière de chercheur, trop peu de gens s’y intéressent.

  9. Je ne sais pas si ce jeune homme a vraiment cette capacité et si nous l’avons peut-être tous en nous…Ce protocole a sans doute été fait sérieusement mais il a sans doute ses failles…Cependant ne balayons pas l’hypothèse que cela puisse être vrai et que la conscience puisse exister à l’extérieur du cerveau car si nous ne sommes pas en mesure de prouver NON PLUS qu’elle est produite par le cerveau.Cela est un postulat communément admis par les scientifiques sans aucune preuve.L’activité cérébrale ne prouve pas que le cerveau est producteur de conscience.il ne peut être aussi qu’un simple récepteur comme la TV qui reçoit la tnt,la radio qui reçoit les ondes ou l’ordi qui reçoit le net…Donc prudence,mais dans les 2 sens.il faut intensifier les recherches sans dogmatisme ni à priori.

  10. Bonjour,
    Ce débat via commentaires interposés est réellement intéressant.
    Pour ma part, je pense qu’il est scientifiquement prématuré à ce stade de trancher dans un sens ou dans l’autre, mais je souligne que Mme Dethiollaz s’était dite disposée à ce que ses expériences soient reproduites par d’autres scientifiques (n’y a-t-il pas de volontaire?). Lorsqu’elle s’exprime elle reste généralement prudente et souligne l’absence de réplication des expériences.
    J’ai moi aussi vécu 3-4 fois des phénomènes que l’on pourrait appeler paranormaux (dont une rencontre avec une entité blanche et lumineuse, la même que N. Fraisse décrit dans l’émission de M. Ardisson, mais avant que l’émission ne soit diffusée, donc il ne s’agit pas d’auto-suggestion!). Mais je suis trop consciente de l’incrédulité et parfois même du mépris que cela suscite pour en parler ouvertement.

  11. J’ajoute encore que l’huissier judiciaire est un officier ministériel au même titre qu’un notaire. Jacques Neirynck, professeur honoraire à l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne, et présent lors d’un test avait affirmé (selon les propos recueillis par l’Illustré) qu’il s’agissait pour lui d’un phénomène totalement inexplicable. Une approche purement sceptique et rationnelle est certes nécessaire, mais non suffisante pour comprendre le monde dans lequel nous vivons.

  12. Pour ma part, je me demande ce qu’on nous a montré avec la caisse à pain singulièrement posée dans la boulangerie. Qui a tourné ces images et quand ? Cette caisse à pain est-elle souvent posée ainsi dans cette boulangerie que Fraisse semble connaître. Il dit connaître la boulangère en tous le cas… Ce que je ne m’explique pas, c’est qu’étant invité à une émission télévisée de grande audience pour parler d’un phénomène sur lequel on travaille depuis dix ans, on ne vienne pas avec les meilleures preuves qu’on ait, qu’elles soient reproductibles ou non. Était-ce ça leurs meilleures preuves ?

    Par contre, si on me montrait quelque chose que Fraisse n’a fait qu’une fois, une chose que le commun des mortels est incapable de faire, mais qu’on m’explique bien dans quelles conditions il a fait cette chose et qu’on m’en montre des images par exemple qui ne me laissent que peu de doutes sur ce qu’on me montre, alors je me dirais « ok, là il se passe un truc très étrange qu’il s’agit si possible d’expliquer ». Quelqu’un a-t-il vu quelque chose de ce genre ?

    Je suis preneur. Mais dans l’attente, pour la raison invoquée plus haut et pour d’autres dont j’ai parlé ailleurs (c.f. mon site), je reste plus que sceptique (et essayerais de le rester, quand bien même j’aurais moi-même vécu une expérience d’apparente décorporation, me demandant si ce que j’ai pu observer durant cette expérience constitue une raison sérieuse de croire que je n’ai pas halluciné ou rêvé).

  13. Les « sceptiques » me font quand même sourire. Les paradigmes scientifiques actuels son incapables d’expliquer les phénomènes les plus fondamentaux de notre univers (comment l’univers s’est-il crée ex nihilo? Par magie? Sans parler des limites de la physique classique Etc etc). Et lorsque d’autres viennent avec de nouveaux paradigmes (tel que le leur, qui repense la notion d’espace-temps et la notion de conscience en tant que substrat du cerveau), appuyés par des expériences faites (certes pas au sein d’une université) mais tout de meme sous contrôle d’huissier, vous restez les bras croisés à attendre qu’on vous amène (à vous spécialement) une preuve. Car évidemment les vidéos ne sont pas des preuves – systématiquement les associations de sceptiques les refusent sous prétexte qu’elles pourraient être truquées. Je ne sais pas si cela est sceptique ou dogmatique.

    Et si vous écriviez à l’adresse de s. Dethiollaz pour proposer une réplication de son protocole?

    1. Chère Anastina,

      Vous qui semblez croire à ce que Monsieur Fraisse croit faire. Vous qui, je le suppose (détrompez-moi), ne l’avez pas vu le faire. Vous, donc, qui souhaiteriez que davantage de personnes croient que la délocalisation de la conscience est un fait (enfin, je l’espère, car je crois pour ma part que quand on croit qu’une chose est vraie, on souhaite aussi que les autres ne restent pas dans l’erreur). Pourquoi, n’écrivez-vous donc pas au Docteur Dethiolllaz afin de répliquer son protocole. Il me semble ainsi que vous serviriez bien mieux votre cause, plutôt que d’argumenter abstraitement et à mon sens maladroitement sur le fait qu’aucune vidéo ne pourrait faire douter le prudent sceptique (ce n’est pas mon cas en tous les cas, comme je l’ai expliqué).

      Quant aux paradigmes scientifiques, s’ils n’expliquent pas tout, ils expliquent beaucoup de faits. Le défaut majeur de votre argument, à mon sens toujours, c’est que vous estimez que la délocalisation de la conscience est un fait (et non une hallucination ou un genre de rêve). Si ce n’est pas un fait, il n’y a pas à l’expliquer. C’est bien pourquoi je vous invite à le rendre factuel en reproduisant vous-même lesdites expériences, ou en les finançant, comme vous voudrez.

      Quant à l’expérience faite sous contrôle d’huissier, j’aurais plaisir (vraiment) à ce que vous m’indiquiez clairement, à laquelle vous faites référence et que vous m’indiquiez également quel huissier la contrôlée. En ce qui me concerne, si un huissier a pu certifier que tel phénomène anormal a eu lieu, que c’est donc un fait, alors risque bien de croire ce que vous croyez.

      Dans l’attente de votre réponse, je m’attelle à d’autres problèmes (j’espère que vous le comprendrez).

      Bien à vous,

      N. v. Q

      1. Bonsoir Niklaus,
        L’huissier en question est maître Breitenmoser, Vous pouvez voir son site web confirmant son existence et son sérieux. L’expérience en question a été de faire deviner 100 fois d’affilée à NF quelle image se cachait dans des enveloppes scellées. On lui présentait alors 4 réponses possibles. Il a donné la bonne réponse dans 79 cas sur 100. Il s’est abstenu dans 21 cas. Jacques Neyrinck, professeur honoraire à l’école polytechnique fédérale de Lausanne et présent lors d’un des tests a dit qu’il s’agissait pour lui d’un phénomène totalement inexplicable.

        Je ne peux pas répliquer ce protocole puisque je n’ai aucun diplôme scientifique.

        Contrairement à ce que vous pensez, je ne suis pas convaincue que ses capacités soient réelles. Mais je m’oppose aussi à tout ceux qui balayent cela d’un revers de main. Les expériences sur NF s’accompagnent de réflexions métaphysiques plutôt intéressantes qui expliqueraient certaines singularités que les théories actuelles n’expliquent pas.

      2. Conclusion du rapport de l’huissier: « j’ai assisté durant la journée du 19 juin 2013 à toutes les étapes du test à côté du percipient. A aucun moment je n’ai décelé une fraude ou tentative d’effraction des scellés. Au contraire, mon scepticisme avait totalement disparu, et ma stupéfaction à encore augmenté quand j’ai constaté la vitesse avec laquelle le percipient donnait ses réponses. Sur 100 tests, ce dernier a fourni 79 bonnes réponses. »

        Quant au test de la boulangerie, il s’agit d’un extrait du magazine « 36.9 » de la télévision suisse romande, dont les journalistes sont tout à fait sérieux, rien à voir avec l’émission racoleuse d’Ardisson.

        1. suite à ces tests sous contrôle d huissier, le professeur Neyrinck, et la dr Claudia mazzocato (médecin chef au centre hospitalier universitaire de vaud), sceptiques devant les resulats, ont demandé à etre présent durant une nouvelle série de tests. Ils ont affirmé qu’ « à ce jour, ils n’avaient pas d’explication rationnelle à apporter au phénomène auquel ils avaient assisté ».

          1. Chère Anastina,

            Je vous remercie de ces précisions qui m’ont donné envie d’en savoir plus, ce qui prend du temps.
            Je suis pour l’instant tombé sur cet article de Rand Evrard , Docteur en psychologie clinique, maître de conférences en psychologie à l’Université de Lorraine et auteur d’un livre publié par les Presses Universitaires de Rennes en 2014 sous le titre : Folie et Paranormal : vers une clinique des expériences exceptionnelles.

            http://psychologie-heterodoxe.blogspot.ch/2017/03/quelques-remarques-sur-lexperience-de.html

            Monsieur Evrard revient sur le protocole de « l’expérience des enveloppes scellées » dont il relève les failles, sans pour autant ne pas croire, à ce qu’il me semble, en les capacités de Fraisse et dans les bonnes intentions (et foi) des expérimentateurs. Son approche est méthodologique : il veut montrer (et montre bien à mon sens), qu’un tel protocole d’expérience risque, sauf informations supplémentaires, d’être rejeté par une revue scientifique et invite les personnes qui mènent ce type d’expérience à être très attentifs à respecter des protocoles parfaitement « scientifiques », sous peine de nuire aux thèses qu’ils souhaitent défendre et exemplifier.

            Si vous deviez un jour reproduire une telle expérience, vous y trouverez certainement matière à savoir comment opérer.

            En ce qui me concerne, je dois avouer ne plus trop savoir que croire et préfère pour l’instant suspendre mon jugement (si tant est qu’on puisse le faire).

            J’ai conscience que la délocalisation de la conscience, si elle était une réalité, représenterait un changement de paradigme scientifique (j’utilise ce mot parce que je n’en ai pas d’autre), aussi important ou plus important encore que la révolution copernicienne ou la théorie de la relativité générale.

            Je suis content que des personnes apparemment aussi compétentes que Monsieur Evrad travaillent à ces sujets et ose espérer, mais peut-être que je me trompe, qu’un résultat positif et parfaitement documenté de délocalisation de conscience publié dans une revue scientifique saura avoir l’effet qu’il mérite d’avoir : à savoir que d’avantages de chercheurs et de moyens soient employés à la documentation et à la compréhension de phénomènes similaires.

            Pour l’instant il semble que de pareils articles scientifiques n’existent pas, mais je n’ai pas fouillé. Vous peut-être.

            Comme j’ai suspendu mon jugement (je n’y crois, ni ne n’y crois pas), je ne vais pas investir davantage de temps dans cette direction, dans l’attente d’un article de ce genre. Encore une fois, je crois que Sylvie Déthiollaz et ses amis qui ont conduit cette expérience (en 2013…) peu onéreuse auront tout loisir de la reproduire (peut-être vous ?) dans de meilleures conditions et suppose que s’ils obtiennent les mêmes résultats, l’expérience fera grand bruit, ainsi qu’elle le mériterait dans ce cas, à mon avis.

            En ce qui concerne la caisse à pain, quand bien même les images ont été tournées par la télévision suisse, je ne sais toujours pas quand elles ont été tournées et si cette caisse à pain est souvent dans la position montrée dans cette boulangerie que Fraisse connaît.

            Enfin en ce qui concerne Neyrinck et Mazzocato, je ne veux pas leur imputer de mauvaises intentions. Peut-être y’a-t-il eu prestidigitation de la part des autres expérimentateurs, peut-être pas. Seul un protocole scientifique parfaitement clair semble permettre d’écarter l’hypothèse de la triche, hypothèse qu’il faut absolument écarter pour convaincre le sceptique.

            Bonne lecture.

  14. L’esprit soi-disant critique me laisse toujours pantois.
    L’esprit critique ne s’attarde que sur des éléments matérialistes. Comme si la vie n’était qu’un simple protocole. Si on résume la pensée zététique, on ferait de la sorte: « l’homme scientifique peut connaitre la vérité de toute chose grâce à des protocoles scientifiques ». Alors que l’homme n’a même pas les capacités de comprendre complètement la physique quantique et la composition de l’Univers.
    Si vous aviez vraiment un esprit critique, vous douteriez de la capacité de l’Homme à comprendre la Vie elle-même.
    Vous êtes dépassés par ce que vit Monsieur Fraisse et tant d’autres, alors vous vous cachez derrière le manque de protocoles scientifiques qui expliquent ces phénomènes. Soyez critique et admettez que l’Homme ne peut simplement pas expliquer tous les phénomènes liées à la création et à la vie.

  15. Cher Niklaus,
    je pense que nos points de vue se rejoignent. Peut être que je penche légèrement plus vers le ‘croire’, car j’ai assisté en personne en septembre dernier, à 3 heures de questions-réponses auxquelles se sont livrés NF, SD et CCF, en présence d’une quarantaine de personnes. Je ne sais pas si des charlatans prendraient un tel risque – trois heures de questions, c’est long! Mais ce n’est qu’une supposition.

    Quoiqu’il en soit, je doute qu’une revue scientifique mainstream les publie actuellement, au risque d’y laisser sa propre crédibilité.

    Quant à moi, répliquer cette expérience ne convaincrait ou ne décevrait qu’une seule personne : moi-même. Ce sont des personnes avec suffisamment d’influence qui devraient procéder à cela, afin d’alimenter le débat de manière publique.

    Merci pour le lien vers le site de Rand Evrard, très intéressant.

    Bien à vous,
    Anastina

    1. Chère Anastina,

      Je vous remercie de votre réponse.

      En ce qui me concerne, je ne pars pas de l’idée qu’ils soient des charlatans. Ce qu’Evrard a dit me semble impliquer, qu’à la limite aucun des participants à ladite expérience n’est un charlatan. Dans ce cas, il faudrait de la part de Fraisse, une impressionnante capacité de lecture des attitudes corporelles de ceux qui connaissaient le contenu des enveloppes, ou alors la collusion au minimum de deux d’entre eux. Encore une fois, je ne sais que croire. Monsieur Evrard, avec qui je dialogue sur son site et qui croit plutôt en la sincérité des participants, ne conclut toutefois pas à une preuve du phénomène étudié, en tous les cas ne semble pas croire, que même dans ce cas, le phénomène ait eu lieu (je ne sais pas très bien comment interpréter son affirmation, mais nous ne nous sommes peut-être pas encore bien compris).

      L’objet des questions que je lui pose, consiste aussi à savoir pourquoi les revues « mainstream » ne publient pas les résultas des expériences menées dans ce domaine. Ce que j’ai compris de ses réponses, c’est tout simplement que ces expériences ne sont pas encore (assez…) probantes, pour des raisons notamment statistiques et méthodologiques. En ce qui me concerne cela veut dire qu’elle ne sont pas probantes du tout, mais je souhaiterais encore comprendre comment il pourrait y avoir, en ces cas, des degrés de probité. En ce qui me concerne, je comprends bien pourquoi une revue scientifique ne publie pas des résultats d’expériences que ne sont que peu probantes (si ça veut dire quelque chose) et ne pense pas que l’argument de leur crédibilité pèse suffisamment lourd en ce cas là. Ou plutôt si, il faut bien publier des choses crédibles (des choses qui emportent l’adhésion de la grande majorité des chercheurs), non ?

      En ce qui concerne votre argument concernant les 3 heures de questions, il ne me semble, sans doute comme à vous, pas assez convainquant, car s’il on croit à ce que l’on dit, on peut facilement tenir trois heures, me dis-je.

      Enfin, je ne rejèterais pas comme ça l’intérêt d’une réplications sérieuse de cette expérience, quand bien même vous seriez la seule à en connaître le résultat positif. Avoir une certitude, ce n’est pas rien. Si moi, je pouvais en avoir une sur le sujet, ma vie changerait à coup sûr. Seulement, comme je l’ai dit, je suis plutôt en état de suspension de mon jugement et attends que d’autres qui y croient et s’appliquent à étudier ces phénomènes (s’ils existent) nous fournissent des preuves solides de ce à quoi ils croient. Encore une fois, je crois qu’il n’y a pas d’argument solide contre le fait que si on possède une preuve méthologiquement impeccable, cette preuve ne soit pas publiée par une revue scientifique « mainstream ». Je comprends l’enjeu de la crédibilité, mais l’enjeu du vrai est bien plus fort. Et je ne peux pas m’imaginer que parmi tous les scientifiques sérieux, il n’y en ait pas un qui ose prendre le risque de se décrédibiliser pour dire la vérité ou tout du moins ce qu’on appelle la réalité scientifique. Qu’en pensez-vous ?

      Bien à vous,

      N.v.Q

  16. Cher Niklaus, je tends à penser comme vous. Moi aussi, ma vie changerait à coup sûr si cela était réel. J’ai des raisons de penser que ça l’est, mais ce n’est pas assez solide pour que je l’exprime ici. J’ai vu que Michiu kaku dit avoir trouvé la preuve de l’existence de « Dieu ». Ce sera intéressant d’analyser ce qu’il a à dire, sans aucun à priori. Bien à vous,
    Anastina

  17. Bonsoir,
    le cadeau universel de notre incarnation est  » le libre arbitre ». S’ériger en fins penseurs, ré fléchisseurs, ou simplement scient eux vertueux ou calamiteux !!! Le pathétique besoin de faire valoir sa croyance ,en prônant une orthodoxie universitaire ou pas. Nous laissera définitivement songeur, sur l’impasse universelle qui déroule cette « Vérité » encore inaccessible au raisonnement humain. Profitons du charme de la contradiction pour éveiller et dynamiser cette conscience aux origines indéfinissables . l’aventure a été, est, et sera dans l’instant. L’angoisse de comprendre, de prouver et de se rassurer sur le pourquoi de notre existence n’est en fait qu’un moyen subliminal de se sentir exister ou existant. En terme de curiosité intellectuelle, il semble que certains se posent un peu là. Les » expérienceurs » existent !!! C’est un fait. Laissez moi vous dire que tout questionnement scientifique trouvera sa réponse le jour de votre « Mort ». J’espère que ce jour là, vous validerez une thèse qui tienne la route ?? Aux sceptiques radieux et repliquants soucieux…

  18. Bonjour,
    A la lecture de cet article, et surtout des commentaires qu’il a suscité, et au delà de savoir ce que sont les aptitudes réelles ou pas de Nicolas FRAISSE, il se dégage deux approches, semblant tout aussi radicales l’une que l’autre :
    – La première, voulant se rattacher à une démarche scientifique, réclame le respect impératif de protocoles dits scientifiques.
    – La deuxième, dénonçant les limitations dans laquelle nombre de soi-disant scientifiques enlisent la recherche dite scientifique, prétend pouvoir s’affranchir de toute démarche rigoureuse et de toute démonstration.
    Les tenants de chacune de ces approches finissent par s’opposer en se jetant à la figure leurs arguments respectifs, et rejoignent en cela les milliards de fois ou de tels débats ont ainsi versé dans la stérilité, voire plus généralement dans un antagonisme, ce qui a irrationnellement radicalisé un peu plus les positions de chacun.
    Il se constate donc que l’opportunité d’échanges et d’enrichissement mutuel que représente toute variété de points de vue est ici, comme bien souvent, rabaissée au niveau de pugilats verbaux servant de défoulement à la plupart.

    Et très honnêtement, je ne pense pas que si Nicolas FRAISSE lisait ces échanges, il se sentirait bien fier de ceux-ci.

    Or, quoi de plus légitime pour quelqu’un qui ne connaît pas un sujet, que de vouloir s’assurer que celui-ci est sous-tendu par une base sérieuse ?
    Et aussi, quoi de plus légitime pour ceux qui connaissent un tant soit peu un sujet, que d’exiger que celui-ci ne soit pas discrédité et/ou enterré par des doutes qui peuvent se décliner et se succéder infiniment, quelle que soit la quantité de preuves ou d’évidences rapportées ?

    De tous temps, les tenants de la soit-disant science ont souvent utilisé celle-ci pour asseoir une pseudo supériorité intellectuelle, faisant coïncider leurs conclusions avec leurs présupposés pour couper court à tout débat. En cela non seulement se sont-ils discrédités, mais ils ont discrédité la démarche scientique dans son ensemble.
    Mais il ne faut pas perdre de vue que par ailleurs, la raison a de tous temps été submergée sous les pseudo-évidences qui ont servi à légitimer tout et n’importe quoi. L’histoire est remplie d’exemples dramatiques découlant de croyances irrationnelles et de superstitions qui avaient reçu un important soutien populaire.

    A partir du moment où chacune des parties ne se défoule pas sur l’autre de ses frustrations accumulées, mais bien au contraire dans une attitude de respect mutuel, considère comme légitime et de bon sens les raisons (questionnements, peurs, etc.) qui peuvent sous-tendre toute demande de l’autre, alors le débat peut naître.

    Au lieu de se jeter des arguments à la figure, les questions permettant de mieux comprendre l’autre pourront alors émerger. Les réponses favoriseront alors un partage des connaissances, balisant au fil des échanges la voie vers une compréhension plus élargie du sujet pour chacun, si ce n’est avec un peu de chance vers un consensus.

    Est-ce trop demander que de s’en tenir à une démarche comparable ?

    Ne serait-ce pas faire honneur à Nicolas FRAISSE que de valoriser ainsi pour tous l’expérience qu’il a la générosité de partager ?

  19. Bonjour,
    Ce qui m’interpelle, c’est que les Américains (qui ont toujours un train d’avance) ont mené des expériences sur le sujet durant 25 ans à des fins civiles et militaires. Néanmoins, aucune suite n’a été donnée à ce programme par la CIA, pourtant principal intéressé de ce genre d’arme nouvelle.
    En l’absence de résultats scientifiques convaincants, ce sujet reste pour l’instant du domaine du fantasme.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Stargate_Project

    Pour ce qui est de Mr Fraisse, il ne suffit pas d’exposer son histoire mais il faut effectivement prouver sa crédibilité et faire mieux que les 25 ans de recherches déjà effectuées à renfort de millions de dollars.

    Cordialement.

  20. Je suis athée, sceptique, j ai vue la plupart des vidéos de la tronche en biais et d’hygiène mentale car je pense que le doute sceptique est essentiel aujourd’hui à l’heure ou l’ algorithme de youtube nous conforte dans nos biais et nos croyances erronées.
    Hors j’ai vécu non pas une OBE mais une clairvoyance, j’ai noté sur un papier les éléments les plus singuliers (ceux ayant un probabilité quasi nul d’être des coincidences). Je les ai notés par peur de les oublier pendant la nuits et par ce que cette expérience était singulière pour moi. Le lendemain tous ce que j’avais noté c’est produit.
    C’est parce que mon témoignage ne constitue pas une preuve (à part pour moi) que des expériences doivent être reproduites suivant un protocole scientifique .
    Chers Acermendax bien que votre travail soit d’utilité publique je d’éplore que vos propos par moment péremptoire réduise le crédit des études de Mme Dethiollaz (vous n’êtes pas seul responsable bien sur), ce qui ne rendre que plus frileux les revues scientifiques ou les scientifiques ayant une reconnaissance à s’ intéresser à ce sujet. En tant que zététicien votre visé devrait être inverse. La science n’est pas un dogme elle doit ébranler le consensus comme l’on fait la relativité et la physique quantique en leurs temps. Vous devriez faire un épisode sur ce biais dont j’ignore le nom et qui pousse l’humain à croire qu’il à tout compris. Je ne vous fait pas de procès d’intention je pense que vous êtes victime d’un biais.

    Cordialement.

  21. La réalité n’est-elle pas simplement que vous refusez de remettre en question vos croyances matérialistes?

    Vous semblez tenir pour acquis que la conscience est un résultat du fonctionnement biologique du cerveau, bien que jamais la science n’ait prouvé une telle chose.

    L’idée que « la conscience ne peut pas sortir du corps » s’appelle un a priori. Cette idée n’a jamais été prouvé scientifiquement.

    Bien que l’intérêt des scientifiques pour ce domaine soit récent et que les faits soient difficilement reproductibles (actuellement), il existe malgré tout aujourd’hui suffisamment de témoignages sur les OBE et NDE pour que la question mérite au moins d’être posée, et non rejetée a priori comme vous le faites.

    Je pense que ce qui vous dérange en vérité, c’est que vous ne voulez pas remettre en question votre cadre de référence matérialiste. Pourtant, ce cadre matérialiste (l’idée que la conscience résulte de l’activité biologique) est une croyance non prouvée. Il me semble qu’une attitude honnête consiste au minimum à envisager d’autres possibilités, qui sont suggérées par l’examen sans a priori des données disponibles aujourd’hui.

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